• L’éducation, gage d’un changement durable

    L’éducation, gage d’un changement durable

    c’est l’éducation qui contribuera fortement à la construction du nouveau type de malien: connaissant et aimant son pays, attaché à ses racines et ouvert sur le monde, prêt à se sacrifier pour la collectivité, formé et compétent pour exercer des responsabilités lui permettant de contribuer au progrès.
  • Ouvrons-nous au changement,

    Ouvrons-nous au changement,

    parce que les hommes que nous avons chargés de nous diriger nous ont déçus, parce que le pays a chuté et qu’on doit le mettre debout, (...) parce que le changement est synonyme d’espoir et de renouveau pouvant amener un lendemain meilleur.
  • La Guerre contre la corruption

    La Guerre contre la corruption

    Prévenir la corruption en organisant et renforçant la société civile pour dénoncer et combattre, en accroissant la transparence dans la gestion publique, en améliorant de 10% au moins la rémunération de tous les agents publics qui doivent également être plus mobiles et ne pas rester longtemps aux mêmes postes.
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Du bon usage de la planification: Exemple du sport en particulier du football

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Le Mali vient encore une fois d’être honoré par ses joueurs de football de classe d’âge, les juniors classés troisième à la coupe du monde de la catégorie après les cadets champions d’Afrique de leur catégorie. Pour l’observateur du football malien, cela n’est guère étonnant car nos jeunes ont toujours eu de très bons résultats sur la scène internationale. Nous participons régulièrement aux compétitions africaines et mondiales avec à chaque fois des résultats honorables. Nous avons déjà été sur le podium de la coupe du monde des juniors en 1999 avec à la clé un des nôtres, Seydou KEITA, reconnu comme le meilleur joueur de cette compétition. Ironie de l’histoire, cette année encore, le meilleur joueur de la compétition est un malien, le jeune Adama TRAORE que tout le monde reconnaît comme un des joueurs les plus promoteurs de sa génération. Notre pays est une terre de football, tous les maliens en sont amateurs et fervents supporteurs. Pour la petite histoire, lors des négociations de paix en Algérie, le football a rassemblé, le temps d’un match entre le Mali et l’Algérie, à Alger, toutes les parties maliennes derrière le pays. Ce jour là, il n’y avait ni MNLA, ni MAA ou encore moins HCUA, il y avait, dans les tribunes, les maliens attachés au football et supporteurs de leur équipe nationale. Nous avons la chance de produire régulièrement de véritables génies du ballon rond, en nombre suffisant pour montrer une équipe dont le talent est reconnu par tous, y compris les adversaires. Lors de la coupe d’Afrique juniors de Dakar, notre pays n’a pu franchir le cap des demi-finales mais tout le monde a reconnu sa supériorité technique sur les autres. Elle était de loin l’équipe la plus agréable à regarder, du fait du talent individuel de ses membres. Elle l’a par la suite démontrée de manière éclatante  à la coupe du monde. 

Nous avons donc un réservoir important de joueurs adéquats et deux futures grandes équipes en gestation avec nos cadets et nos juniors. De quoi voir l’avenir en rose ? Il est permis cependant d’en douter car ce que nous avons vu par le passé ne fut malheureusement pas à la hauteur des attentes. La décennie 2000, porteuse d’espoir, a vu notre pays franchir des paliers supplémentaires au niveau des seniors, avec la qualification régulière en phase finale de la coupe d’Afrique. Nous avons

même occupé, sur le plan africain, à de nombreuses reprises les places d’honneur (4e et 3e) mais nous ne fûmes jamais proches de remporter le trophée continental et encore moins capables de nous qualifier à la coupe du monde des seniors, celle qui attire l’attention et qui compte véritablement. Pourquoi ? Qu’est ce qui explique que les meilleures nations chez les cadets et les juniors (Brésil, Allemagne, Espagne, en Afrique Ghana et Nigeria) sont généralement les mêmes en senior et pas nous ? Ce sont des questions que les leaders du football malien doivent se poser. Au delà d’eux, les leaders du pays doivent également se poser les mêmes questions car le football est devenu quasiment une religion et un facteur important de ferveurs, d’harmonie et de communion mais aussi de déstabilisation? Sans doute que nos compatriotes seraient grandement intéressés par les réponses appropriées à donner à ces questions pour faire en sorte que les fruits de notre football soient enfin à la hauteur de la promesse des fleurs. Nous sommes harassés de maux de tête les soirs des matchs des aigles du Mali ! 

A l’analyse, on identifierait quelques facteurs handicapants pour la réussite du football malien mais surtout une raison principale de ses insuffisances, raison pouvant parfaitement être imputée à d’autres domaines de notre vie publique. Les facteurs handicapants sont la gouvernance du football qui doit être améliorée, les faiblesses de capacités techniques des encadreurs à tous les niveaux, l’amateurisme des footballeurs du championnat national qui les précarisent profondément, l’insuffisance des infrastructures de formation au niveau des jeunes, l’absence de politique relative aux footballeurs d’élite…L’observateur extérieur de notre football et de ses gestionnaires identifie, de la base au sommet, depuis les clubs de quartier jusqu’à l’élite du championnat de première division, des acteurs essentiellement préoccupés

par eux-mêmes, leur prestige, leur ambition, leur situation personnelle, leur avoir. Les clubs sont gérés de manière assez patrimoniale, on assiste à une multiplication d’équipes de quartier dont les responsables sont à la quête de talents à monnayer rapidement pour en tirer des subsides. La mise en place des bureaux se transforme en véritable psychodrame car les postes sont convoités et tous les moyens sont utilisés pour ce faire. Le management des organisations ne se traduit pas par une transparence absolue, l’opacité étant comme souvent à la base de conflits et de procédures judiciaires irrégulières. Il n’y a pas de sérénité à la tête des instances qui gèrent le football, ni au niveau national, ni dans les régions encore moins dans les cercles et communes. On a également l’impression que toute volonté de changement est étouffée par le système et toute ambition de rupture contrariée par des coalitions de conservatisme. Quand on sait que tous ne sont pas indépendants financièrement des responsabilités fédérales, certains en vivent, et que la compétence et l’expérience de plusieurs responsables sont plus que discutables, il en résulte une organisation qui ne peut être performante et qui ne peut être facteur de résultats. Surtout là où il faut de la rigueur, de la planification, de l’organisation, du professionnalisme et un engagement absolu de tous les rouages du système pour réussir.

Le football des jeunes est celui où le talent fait plus facilement la différence, celui où la spontanéité est encore déterminante, où l’insouciance voir la témérité peuvent payer. C’est ce qui explique que dans ces catégories, les africains se rapprochent des nations fortes au plan international. Il en va autrement du football senior ! 

Le football comme le sport en général est devenu une véritable industrie, il ne laisse plus de place à l’à peu près. Il nécessite de la rigueur à tous les niveaux. Une organisation sans faille et une politique qui s’inscrivent dans le cadre d’une vision déterminant des objectifs, les moyens à employer, un rôle donné à chaque acteur et un système de suivi permettant d’évaluer et donner suite aux évaluations. Le mérite est récompensé et la moindre des erreurs sanctionnée. Une industrie où chaque acteur joue un rôle et chacun exerce la responsabilité de ses compétences et expériences. L’exemple le plus illustratif est donné par les deux derniers champions du monde de football senior, l’Espagne et l’Allemagne. C’est par la planification, l’organisation de tout le système national vers un objectif fixé longtemps à l’avance, l’inculcation de valeurs et d’identité de jeux aux jeunes et le respect scrupuleux de celle-ci à tous les niveaux que ces deux nations sont parvenues à faire des résultats importants, longtemps après qu’ils se soient fixés des objectifs. C’est aussi le triomphe du système sur les talents qui s’est manifesté par la victoire écrasante de l’Allemagne sur le Brésil lors des demi-finales de la dernière coupe du monde de football. Nous sommes dans cette ère de l’industrialisation du sport, de la planification, de l’organisation rigoureuse à y apporter. Et pour longtemps !

Les grandes nations ont compris que le football et, au-delà, le sport, sont devenus tellement importants qu’il faut les intégrer dans leur stratégie de progrès et d’influence. L’Amérique latine, terre de football, sera obligée de suivre ce mouvement si elle ne veut pas voir un jour la Chine écrasée la Colombie lors d’une coupe du monde. L’Afrique, notamment notre pays, est également obligée  de suivre ce mouvement. Nous devons mettre en place de véritables dispositifs pour mieux organiser notre football, le professionnaliser, le gérer comme on gère n’importe quelle organisation importante pour le pays, y donner aux ressources humaines de qualité, la place qu’elles méritent et l’inscrire dans un processus mû par des objectifs clairement définis.

Le nouveau dispositif pour notre football doit être conçu autour des hommes (athlètes, encadrement, management), privilégier leur formation, leur accompagnement pour qu’ils donnent les résultats qui leur seront fixés. Par exemple, les sportifs d’élite ne doivent s’intéresser qu’à la performance et qu’à celle-ci. Le dispositif doit s’occuper de tout le reste. Le sportif d’élite est une machine à gagner, il ne doit s’occuper de rien d’autre, le système doit tout prendre en charge. Comme on le voit dans les pays organisés, les sportifs participent aux compétitions l’esprit tranquille, aucun souci de prise en charge en cas de blessure, pas de question sur leur avenir académique, leurs perspectives de reconversion, leurs revenus futurs, le confort de leurs proches et encore moins de tracasseries de plans de vol mal ficelés, de cachets mal négociés, de primes égarées etc. De la base au sommet nous devons savoir détecter les sportifs d’élite et les encadrer totalement. Lionel Messi, incontestable meilleur joueur du Monde, a été détecté et pris en charge dés l’âge de 10 ans. Ses soins, son alimentation, sa formation, son encadrement technique…ont été satisfaits par son club. Avec un formidable retour sur investissement. Combien de Lionel Messi sont perdus par le Mali du fait de cette non détection et de ce non encadrement ?

 

Il faut à notre pays une ou deux académies de football alimentées par la base et qui seront en lien avec toutes les structures et toutes les équipes du pays. Ces académies doivent être accompagnées par les pouvoirs publics et être gérées de manière à dégager des résultats comme cela a été vu ailleurs. Elles accueilleront les enfants, les encadreront, les formeront, leur inculqueront une identité de jeu et les accompagneront jusqu’à l’âge où ils pourront intégrer des équipes professionnelles. Les pouvoirs publics leur verseront des subventions et seront impliqués dans leur gestion comme la fédération. Les académies dégageront des revenus suite à la cession des jeunes aux équipes de football, au Mali ou à l’extérieur. Ces académies pourront aussi monter des équipes fanions pour donner des perspectives aux joueurs du centre de formation. Nous disposons actuellement de structures proches de ce qui est décrit, le CSKA ou le LCBA en commune IV de Bamako et l’académie de Mr Guilloux. Ces structures sont à accompagner. Elles participeront sans doute au dispositif décrit ci dessus.

Les académies, structures de formation par excellence, forment le socle d’un sport comme le football. Elles doivent être partie intégrante de notre ambition. Au delà de cette simple question, nous devons définir une nouvelle vision, illustrée par des objectifs précis, pour le football malien et mettre en place une architecture pour la traduire en réalité. Ces objectifs pourraient être par exemple de remporter la coupe d’Afrique des nations seniors de 2019 ou 2021, de participer à la coupe du monde de football senior de 2018, d’avoir en permanence nos équipes nationales de classe d’âge aux avant-postes en Afrique et au niveau international, de pratiquer un football attractif et efficace avec une identité de jeu à la malienne et de doter notre football d’un système qui soutient une pratique de base mais sait identifier, former, encadrer, renforcer, protéger et promouvoir son élite qui se renouvelle ainsi de manière régulière sans modifier les fondamentaux.

Les objectifs clairement énoncés permettent d’identifier les axes de travail, eux-mêmes permettant de situer les objectifs spécifiques, les délais d’atteinte, les activités à mener pour y arriver, les moyens nécessaires à déployer dans le temps, les acteurs à tous les niveaux et les attentes à leur endroit ainsi que l’organisation d’ensemble à établir. L’architecture à définir fixera les rôles et responsabilités des sportifs, de leur encadrement, des responsables du secteur, des autorités publiques, les acteurs privés…Elle dégagera aussi les domaines où le pays aura besoin d’assistance extérieure, pour quelle période et pour quels résultats. Nous pourrons ainsi commencer à bâtir et suivre avec la plus haute attention ce dispositif pour que chacun travaille comme il faut et que les erreurs et autres errements soient corrigés sans ménagement. Ce travail à moyen terme permettra de ne pas s’offusquer de résultats intermédiaires mitigés au point de remettre en cause le dispositif et d’engager le football dans une instabilité permanente comme c’est le cas depuis au moins quinze ans dans notre pays. 

Ce modèle peut être dupliqué à d’autres sports où le Mali dispose d’atouts non négligeables comme le Basketball par exemple. Il permettrait de faire entrer le sport malien dans une nouvelle ère où la vision à long terme, la rigueur, l’implication de tous les acteurs et la discipline seront les maîtres mots. Une ère où la pratique de masse et l’élitisme seront complémentaires sous un encadrement vigilant des pouvoirs publics et avec leur participation. 

A l’échelle de la nation et pour tout domaine stratégique, il nous faut réorienter nos pratiques politiques pour mettre au centre la planification, l’approche visionnaire des questions comme inductrice de la stratégie, de la programmation à long, moyen et court termes pour ensuite orienter les politiques publiques, définir les activités, encadrer les actions à mettre en place pour aboutir enfin aux textes et actes à prendre. La Gouvernance publique et toute action visant un groupe d’humains ne peuvent être efficaces que si elles intègrent ces démarches et intègrent ces principes. L’école malienne, la démocratie, les rapports entre l’Etat et les citoyens ou encore la question du nord de notre pays sont tous porteurs d’enjeux à long terme pour le Mali et qui nécessiteront des réflexions profondes, des initiatives collectives à conduire, des démarches particulières à adopter et des organisations à mettre en place avec la participation de tous les maliens. Il revient à nos autorités d’intégrer ces donnes et d’engager les processus pour les traiter au mieux. En ce qui concerne le nord, le Mali doit définir par lui-même quelles perspectives à dix, vingt ou trente ans pour cette partie de notre pays, comment faire face aux enjeux terroristes, à la question du trafic de drogue et à ses implications à tous les niveaux de l’Etat, quelles forces armées et de sécurité pour la sécurisation permanente de l’espace, quel mode d’administration et surtout quelles déclinaisons donner à la décentralisation pour mieux traduire les questions identitaires, socio- culturelles… Les questions humanitaires et de réconciliation, au delà de l’application de l’Accord de paix méritent notre attention avec la nécessaire redéfinition d’un vivre ensemble entre les communautés. Les questions de développement qui doivent intégrer la donne climatique, l’occupation optimale de l’espace, les modes de production, au delà de la simple implantation d’infrastructures énergétiques ou de transport. Autant de questions que nous devons traiter, anticiper et nous permettre de nous projeter au delà de la recherche actuelle de la paix pour bâtir les conditions d’une normalisation durable au nord de notre pays. Ce qui est valable pour cette question l’est tout autant pour les autres. Nous devons pouvoir nous extraire du quotidien, du « terre à terre » et de l’immédiat pour identifier les enjeux stratégiques et y réfléchir, en impliquant nos compatriotes, en questionnant nos réalités et nos intelligences pour mieux éclairer le chemin du futur pour nos enfants et petits- enfants.

Le Mali doit se doter d’une architecture appropriée pour ce faire, composée d’une bonne alliance entre le public et le privé, associant aux décideurs publics, les universitaires et autres spécialistes sectoriels. Une approche prospective qui contribuerait à donner au pays un plan de marche et des références dans tous les domaines de l’action publique. Cela sera différent et nettement plus productif que certains cadres de politiques trop étriqués, à l’horizon proche, n’intégrant pas suffisamment nos intérêts stratégiques et surtout souvent conçus sans une participation satisfaisante des parties nationales.

  

Moussa MARA

 

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Le changement à travers un programme précis

 
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pour redonner au Mali sa dignité et au malien sa fierté

Le changement a besoin d’hommes pour le porter, crédibles, compétents, efficaces dans leur leadership, ayant atteint des résultats par le passé, exemplaires, conscients des réalités et maîtrisant la situation du pays pour ne pas verser dans la surenchère et des promesses sans lendemain.

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